Projet « Des roues à la place des pieds » →

Présentation de l’école de Payar et du cadre d’insertion du projet

L’école élémentaire et primaire de Payar a été créée en 1988. En 2010, elle polarisait au moins sept villages dans un rayon de 10 kilomètres : Djouguel, Djouguel Bouly, Daara sur Payar, Gatty, Daara Gatty, Daara Omar Diagne, Daara Baye Mbaye, peuplés en majorité par des Sérères. L’année scolaire 2010-2011 a vu se dérouler la première année test pour le projet : « Des roues à la place des pieds », « le plus beau projet socioéducatif jamais imaginé dans ce pays » (dixit Modou Badiane, Inspecteur départemental de l’Education Nationale à Koupentoum de 2009 à 2012), qui a débuté en novembre 2010, avec cinq charrettes et cinq chevaux, destiné au transport des élèves et au développement d’activités génératrices de revenus pour les parents d’élèves.

Cette première phase test a eu comme impact principal, l’augmentation du nombre d’enfants fréquentant l’école, en particulier le nombre de filles, et une régression de la déperdition scolaire qui affectait lourdement cette école  puisqu’elle était de 35% en 2008 et qu’à la rentrée 2010 elle est passée à 1%.

Alors que l’école regroupait 243 élèves lors de la rentrée 2009, l’effectif à la rentrée 2011 est passé à 289 élèves, dont 135 filles. Malgré des résultats scolaires très encourageants, l’enclavement du village de Payar constituait encore une contrainte pour l’accès des élèves à l’école (taux de fréquentation et d’achèvement), plus particulièrement pour celles et ceux ne résidant pas au village de Payar même.

En effet, le village de Payar compte environ mille habitants, en majorité des Peuls, et une population scolarisable qui augmente d’année en année. Le village est situé à 30 km de Kouthiaba, chef lieu de communauté rurale, à 60 km de Koupentoum, chef lieu d’arrondissement, et à 160 km de Tambacounda, chef lieu de région. Les villages polarisants sont situés dans un rayon de 10km du village de Payar. Cet enclavement influe négativement sur le déplacement des élèves et des enseignants et, par conséquent, réduit le temps d’enseignement et d’apprentissage. A ce problème de distance à parcourir pour se rendre à l’école, s’ajoutent les frais de cantine et de fournitures qui grèvent un budget familial déjà très restreint.

Et c’est pour contrer ces dérives (réduction du temps d’enseignement, réticence des parents à envoyer leurs enfants à l’école pour cause de distance à parcourir et pour raison économique) que la seconde phase s’est donné comme objectif de renforcer la première phase pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement et de l’accès à l’école de Payar en permettant à la communauté scolaire de Payar d’acquérir 10 chevaux et 10 charrettes  supplémentaires.

Les enfants visés en priorité par ce projet sont ceux que l’on peut définir comme enfants à besoins spécifiques (EBS), qui de par l’éloignement de leur domicile du lieu de scolarisation, n’ont pas accès au système d’éducation moderne. A l’opposé, l’école de Payar dispose d’atouts non négligeables : une association de parents d’élèves dynamique et un comité de gestion fonctionnel, qui sont des atouts pour une bonne scolarisation et une réussite scolaire des enfants de la localité.

La rentrée 2012 a vu des changements dans la zone de Payar, puisque les villages de Gatty, de Daara Gatty, de Djouguel et de Djouguel Bouly ont décidé d’abriter des
écoles élémentaires et donc de supprimer les contraintes des trajets pour leurs élèves. Pour l’année 2012-2013, les villages concernés par le projet sont donc : Payar, Daara sur Payar, Daara Omar Diagne, Daara Baye Mbaye. Les effectifs de ces villages sont de plus en plus importants et l’école de Payar compte à la rentrée 2012 314 élèves, dont 159 filles. 68 nouveaux élèves ont été inscrits dont 48 venant des trois villages environnants. Par ailleurs, aucune déperdition scolaire n’a été enregistrée en 2011.

Objectifs du projet

Objectif général

Amélioration des enseignements et de l’accès à l’école pour tous les enfants dans les villages polarisants de Payar.

Objectifs spécifiques
  • Faire accéder tous les enfants en âge d’être scolarisés à l’école, en particulier les filles.
  • Réduire le temps de déplacement des élèves entre leur domicile et l’école.
  • Diminuer les contraintes pour les élèves qui ne résident pas à Payar.
  • Prendre en charge les élèves à besoins spécifiques dans le dispositif scolaire.
  • Améliorer le taux de réussite scolaire.

Bénéficiaires

Bénéficiaires directs : enfants à besoins spécifiques

Bénéficiaires indirects :

  • l’ensemble des élèves de l’école, soit en 2012 314 élèves, dont 159 filles, répartis dans six classes
  • le corps enseignants et l’association des parents d’élèves
  • des familles en situation de grande précarité qui voient leurs revenus améliorés par le chef de famille en charge des chevaux et charrettes, qui peut mener des activités rémunératrices en dehors des moments où les enfants sont transportés et où le bois est ramassé pour la communauté scolaire.

Stratégie de mise en œuvre du projet

Sensibilisation, information, communication, achat d’équipements, soutien aux frais relatifs à la scolarisation.

 

Résultats attendus du projet

  • Accession à l’école de tous les enfants, filles et garçons de la zone, en âge d’être scolarisés.
  • Utilisation des charrettes pour :
    • réduire le temps de déplacement domicile-école pour les élèves et les enseignants
    • générer des revenus par des activités de ramassage de bois mort qui pourra être revendu chaque jeudi au grand marché hebdomadaire de Payar et par les activités de taxis-charrettes les jours de marché
    • permettre des activités extrascolaires éducatives et récréatives par l’approvisionnement du fonds de la coopérative scolaire
    • générer des revenus pour les chefs de famille en situation économique précaire qui seront désignés pour la prise en en charge des chevaux et des charrettes
  • Augmentation du taux de scolarisation et de maintien à travers :
    • la réduction des temps de trajet domicile-école
    • le soutien financier aux parents qui ne sont plus empêchés d’inscrire leur enfant à l’école par manque de moyens financiers
    • distribution de fournitures par l’achat de sacs prise en charge des frais de cantine scolaire (300 cfa par mois et par enfant)
    • frais de pharmacie (médicaments destinés aux enfants tombant malades durant les heures d’école pris en charge par le fonds constitué grâce aux charrettes)
    • cotisation pour l’eau (20’000 à 25’000 cfa par mois pour toute l’école)
    • cotisation pour la coopérative scolaire (100 cfa par mois et par enfant)

Le projet « Des roues à la place des pieds » a reçu le soutien de l’Aide au pays en développement de la Marie de Carouge.